France métropolitaine

Transition énergétique et rénovation du bâti : l’engagement de la France et des régions

Asseoir la souveraineté énergétique de la France, réduire ses émissions de gaz à effet de serre, préserver le pouvoir d’achat, la qualité de vie des Français et l’environnement... sont autant d’objectifs de la stratégie de transition énergétique de la France. Cela passe entre autres par la transformation du bâtiment et des logements : constructions (pour accueillir les +200 000 habitants par an en France), et rénovation énergétique du bâti.

Logements économes

20 %

Sociétés du bâtiment

4 %

Primes CEE

Délivrées aux particuliers en 5 ans

9Md €

Nombre d’espaces France Rénov’

372

16,8 % des logements sont des passoires énergétiques, autrement dit des logements à rénover en priorité pour minimiser le gaspillage et la précarité énergétique.

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Pourquoi accélérer la rénovation énergétique du bâti ?

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Pourquoi accélérer la rénovation énergétique du bâti ?

Une priorité nationale

Accentuer l’effort de construction est l’un des axes clés de la stratégie de transition énergétique globale de la France. Mais construire atteint ses limites : foncier réduit du fait de l‘artificialisation des sols, coûts plus élevés… On le constate aussi : les logements construits entre 1970 et 1990 sont vieillissants et font désormais partie des habitations à réhabiliter en priorité.

L’efficacité énergétique des logements a besoin d’être maximisée, le parc réinventé. En France :

  • 75 % de tous les logements ont une étiquette énergie D ou pire, un constat d’ailleurs partagé à l’échelle européenne avec 82 % au Royaume-Uni et jusqu’à 95 % en Espagne.

  • Seulement 74 000 logements font l’objet de rénovations globales chaque année, sur les 360 000 nécessaires à la réhabilitation du bâti.

L’impact de cette situation est double. Le premier est bien entendu environnemental : comment réduire les émissions de GES et atteindre la neutralité carbone 2050 alors que 16,8 % des logements anciens consomment plus de 331 kWhEP/m².an ? L’autre conséquence est économique : d’ici 2034, 15 millions de logements seront inaptes à la mise en location en France, du fait des dernières législations relatives à la transition énergétique.

Premier pôle de déperditions énergétiques, le bâtiment doit désormais enfiler un habit de durabilité, être réinventé en profondeur pour décupler la résilience de la France, maintenir la qualité de vie des Français et permettre au pays de toucher du doigt son objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050. La rénovation énergétique sert cet objectif et à travers elle, l'écosystème des dispositifs financiers mobilisables par les ménages.

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État des lieux des passoires énergétiques en France

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État des lieux des passoires énergétiques en France

En France, 16,8 % des logements neufs et anciens confondus sont des passoires énergétiques.

Plus concrètement, 18 % des maisons et 15 % des appartements sont des passoires énergétiques, soit 4 millions de logements. 6,60 % seulement des biens sont économes, c’est-à-dire respectueux de l’environnement et peu coûteux à l’usage. Ceux-ci sont généralement des biens neufs.

Pour mieux dresser l’état des lieux du parc résidentiel en France, intéressons-nous à la répartition de ces passoires.

On remarque une nette disparité entre les zones climatiques H1, H2 et H3.

7 régions sur 13, affichent un pourcentage de passoires supérieur à 12 %. La Normandie, le Centre-Val de Loire et la Bourgogne-Franche-Comté disposent actuellement du parc le plus consommateur : 14 %, 15 % et 16 % de passoires. Nulle surprise ici : les régions du nord et de l’est de la France ont généralement des besoins énergétiques supérieurs du fait de leur climat mais également de leur morphologie territoriale (davantage de relief, d’altitude, etc.). Les logements économes sont quant à eux en plus faible proportion : entre 14 et 17 % seulement.

A contrario, la Nouvelle-Aquitaine, l’Occitanie et la région PACA comptent actuellement le moins de passoires énergétiques : respectivement 7 %, 7 % et 6 %. Ce sont également celles qui affichent le plus de logements économes (entre 18 et 24 %), signe d’une assez bonne dynamique de construction ! Un constat cohérent : le littoral Atlantique et la Méditerranée sont en effet particulièrement attractifs et affichent d'ailleurs les plus forts soldes migratoires de France.

Nuançons toutefois en comparant ces premières données avec le pourcentage de passoires neuf exclus : la répartition est alors beaucoup plus homogène ! Si les aires d’influence des grandes métropoles et les littoraux semblent être plus économes du fait d’un dynamisme économique et urbain avéré, le reste du territoire est plus marqué. Les communes de l’est et du sud de la France notamment, affichent des pourcentages élevés de logements F et G.

On le constate : la part globale de passoires énergétiques par région est généralement contrebalancée par la dynamique des programmes neufs. Si on retire cette variable de l’équation, le constat diffère : toutes les régions de France sont réellement concernées (surtout autour des ensembles montagneux), hormis le long des façades maritimes. La rénovation énergétique doit être sur tout le territoire, une priorité.

  • Notons que les résultats fournis sont le fruit de l’analyse des Diagnostics de Performance Energétique enregistrés entre 2014 et 2021, soit avant la réforme du DPE. Celui-ci étant désormais plus strict, la part de passoires énergétique a vocation à être encore supérieure d’ici aux prochaines années, rendant d’autant plus nécessaire la réhabilitation énergétique. La climatisation et l’indicateur de confort d’été étant désormais pris en compte dans l’efficacité énergétique d’un logement, les territoires du sud de la France verront d’autant plus leur bilan différer !

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De quelle façon votre région agit-elle pour rénover ces habitations et améliorer la durabilité de l’ensemble du parc immobilier ?

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Des dispositifs nationaux d'aides à la rénovation énergétique

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Des dispositifs nationaux d'aides à la rénovation énergétique

Des travaux de rénovation financés en partie par l'Etat

Depuis 2005, des dispositifs nationaux d’aide à la rénovation énergétique incitent les Français à initier des travaux de rénovation énergétique toujours plus ambitieux. Récemment, MaPrimeRénov’ rejoint le dispositif des CEE dans une optique de réhabilitation massive du bâti de plus de 15 ans. Ces aides financières permettent aux français de tous revenus d’améliorer leur confort thermique en bénéficiant de subventions allant jusqu’à 10 000 € (ménages très modestes au sens de l’Anah).

Cependant, la multiplicité des dispositifs a parfois représenté un frein à ces rénovations énergétiques. C’est pourquoi depuis 2022, le gouvernement affiche une profonde volonté d’uniformisation.

Certains noms de dispositifs ont été harmonisés : Habiter Mieux Sérénité devient MaPrimeRénov’ Sérénité pour plus de cohérence avec MaPrimeRénov’. Aussi au 1er janvier 2022, le nouveau service public de la rénovation énergétique en France a été lancé : France Rénov.

Un objectif : regrouper les acteurs de la rénovation énergétique sous une seule et même bannière, les rendre visible. Il faut pour cela uniformiser l’écosystème des subventions mais également des guichets territoriaux d’aide à la rénovation énergétique. Les anciens Points Rénovation Info Service (PRIS) et les Espaces Info Energie (EIE) deviennent les espaces France Rénov, disséminés sur tout le territoire.

  • Il existe 366 espaces France Rénov au premier semestre 2022 en France métropolitaine, répartis de façon plutôt homogène entre les régions.

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Des dispositifs nationaux d'aides à la rénovation énergétique

Qui porte la France en matière de CEE ? Le match des régions

Entre 2015 et 2019, la France a versé 8,6 milliards d’euros de primes aux porteurs de projets de rénovation énergétique, dans le cadre des CEE. Cela équivaut à 1 540 Tw économisés grâce à la rénovation énergétique des bâtiments sur le territoire (tous secteurs confondus).

Mais de quelle façon contribuent les régions à l’effort national ?

Le Grand-Est, l’Auvergne-Rhône-Alpes et l’Ile-de-France sont à ce jour les trois régions ayant reversé le plus d’euros de primes depuis 2014, respectivement : 1,181 milliard, 1,162 milliard et 1,140 milliard.

Entre 2014 et 2020, la région Grand-Est a ainsi contribué jusqu’à 20 % à l’effort national. Ce volume est certes déterminé par sa taille, mais il faut dire que la région a mis en place de nombreuses actions visant à accélérer la rénovation énergétique du bâti : programme Climaxion ou encore démarche inédite d’évaluation “Climat”. C’est d’autant plus révélateur que les régions PACA, Occitanie et Hauts-de-France disposent du même nombre d’habitants (environ 5 millions) et contribuent beaucoup moins à l’effort national.

Si on s’intéresse maintenant à l’état du parc immobilier dans ces régions, on constate qu’il n’existe pas forcément de corrélation directe entre le volume de CEE délivrés et le nombre de passoires énergétiques. Comme évoqué précédemment, la Bourgogne Franche Comté et le Grand Est dénombrent respectivement 16 et 14 % de passoires énergétiques soit parmi les plus hauts taux de France.

La Nouvelle Aquitaine quant à elle, se distingue par l’efficience de son parc immobilier : 7 % seulement de passoires énergétiques contre 23 % de logements économes. C’est la deuxième région la mieux positionnée en France en la matière, et la plus vaste de France, en se positionnant seulement 4ème sur 13 en matière de CEE.

Quant à l’Occitanie, celle-ci traduit également le paradoxe précédent : c’est la région de France détenant le parc immobilier en meilleur état tout en contribuant à ce jour très faiblement à l’effort national des CEE (kWh/habitant). “Seulement” 656 millions d’euros de primes ont été reversés, positionnant la région en 6ème position sur 13.

Dans ce contexte, on le constate : la stratégie de transition énergétique propre à chaque région est tout autant déterminante. Les spécificités régionales telles que la typologie des biens (maisons ou appartement), la zone climatique ou le relief y sont également pour beaucoup.

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Un panel d’aides locales à la rénovation énergétique

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Un panel d’aides locales à la rénovation énergétique

Accélérer la réhabilitation massive du bâti

Accélérer la réhabilitation massive du bâti est le fruit de politique urbaines et environnementales fortes, tant à l’échelle nationale que locale.

Les régions, et à travers elles les établissements publics de coopération intercommunale (EPCI), constituent un relais précieux pour ancrer la rénovation énergétique au cœur du territoire.

En la matière, certaines régions se distinguent via la mise en place de plateformes d’aides à la rénovation énergétique.

Il s’agit majoritairement des régions du nord de la France, une représentation qui est presque similaire à celle des passoires énergétiques par région. Certaines de ces plateformes sont complétées par l’attribution d’aides financières locales à l’instar d’Effilogis en Bourgogne-Franche-Comté, de l’AREL dans les Hauts-de-France ou encore de la plateforme Eco Energie Normandie, dans la région du même nom. De belles initiatives !

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Réhabiliter le parc ancien grâce aux professionnels RGE, une qualification française

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Réhabiliter le parc ancien grâce aux professionnels RGE, une qualification française

Un label difficilement accessible, frein à la massification des rénovations énergétiques

Nombre de sociétés RGE intervenant par commune

Pourcentage de passoires énergétiques par commune dans l’ancien

Accélérer la transition énergétique dans le résidentiel, c’est prôner des rénovations autant rapides qu'efficaces, en faisant appel à des professionnels qualifiés sur ces nouveaux métiers et technologies. Le RGE a fait son apparition il y a de cela quelques années avec l’ambition d’inciter les professionnels à se former massivement. Oui mais voilà !

En pratique, le taux de sociétés RGE présents sur le territoire est relativement faible : seulement 3,8 % des sociétés du bâtiment sont labellisées. Cela représente environ 52 200 Siret uniques, sur les 1 365 000 présents en France et associés au secteur du bâtiment.

Certaines régions se distinguent toutefois par un pourcentage relativement plus élevé que d’autres :

  • 7,59 % dans les Pays de la Loire

  • 7,41 % en Bourgogne-Franche-Comté

  • 7,36 % en Bretagne

  • 6,97 % en Normandie

  • 0,65 % en Corse

  • 1,28 % en Provence-Alpes-Côte-d'Azur

  • 1,77 % en Ile-de-France

  • 2,90 % en Occitanie

Notons qu’en France, la moyenne est de 3,80 % d’entreprises qualifiées RGE, un pourcentage à peu près similaire à celui des régions Nouvelle-Aquitaine et Auvergne-Rhône-Alpes.

Si on s’intéresse à la répartition globale de ces professionnels, le signal qui en ressort est plutôt bon : les professionnels RGE se situent majoritairement dans les régions nord et centre de la France. Situés en zones climatiques H1 et H2, ces territoires sont plus soumis aux températures hivernales et aux aléas climatiques. C’est également là que les CEE sont les mieux valorisés.

Toutefois, si on compare les zones de chalandise réelles de ces professionnels avec celles comprenant le plus de passoires énergétiques (neuf exclu), on note de réelles disparités.

Les territoires au parc immobilier le plus dégradé manquent finalement de professionnels qualifiés, même dans la partie nord de la Métropole. Ces professionnels se concentrent avant tout autour des grandes aires urbaines, délaissant majoritairement les territoires plus ruraux, les plus sensibles aux problématiques énergétiques.

Nombre de sociétés RGE intervenant par commune

Pourcentage de passoires énergétiques par commune dans l’ancien

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Réhabiliter le parc ancien grâce aux professionnels RGE, une qualification française

Un label difficilement accessible, frein à la massification des rénovations énergétiques

Si l’on peut nuancer nos propos en ajoutant que toutes les sociétés du bâtiment ne sont pas éligibles au RGE par nature (certains pans de la construction en sont par exemple exclus), nul doute que la couverture de professionnels RGE reste faible par rapport au potentiel de la France, et que la tension artisanale est relativement élevée.

Pourquoi ?

Cette proportion peut notamment s’expliquer par les forts investissements financier et administratif nécessaires à l’obtention de ladite certification. Sur la base du volontariat, celle-ci est attribuée pour 4 ans mais implique de suivre une formation continue et un examen, de se conformer à des audits réguliers et à des contrôles de solvabilité, ainsi que de verser des frais conséquents : entre 800 et 1 500 € en moyenne par période de certification et par professionnel et jusqu’à 1 100 €/an pour une certification en rénovation globale.

Ces obligations très strictes ont vocation à valoriser le savoir-faire et l’implication des professionnels certifiés, notamment auprès des particuliers. Mais elles freinent encore une grande partie des professionnels à passer le cap de la certification, malgré les incitations gouvernementales et une prise de conscience décuplée quant aux enjeux de la rénovation énergétique.

Faire évoluer le label RGE actuel est l’une des pistes étudiées par le gouvernement notamment dans le cadre de France Relance. Depuis le 1er janvier 2021, l’expérimentation RGE chantier par chantier permet par exemple aux professionnels de plus de deux ans d’expérience de mener des travaux de rénovation énergétique indemnisables au titre des aides de l’Etat, sous conditions. Comment évoluera le label d’ici aux prochaines années ? L’avenir nous le dira.

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